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Emblème des états unis le pygargue à
tête blanche est un aigle pêcheur qui niche en bordure des lacs d'eau douce et des rivières.

 
 

Histoire  de l'Amérique :

 

Les premiers Européens qui atteignirent l'Amérique du Nord étaient des Vikings islandais, conduits par Leif Ericson, vers l'an 1000. Des traces de leur passage ont été découvertes dans la province canadienne de Terre-Neuve, mais les Vikings ne parvinrent pas à établir une colonie permanente et perdirent vite tout contact avec le nouveau continent.

Cinq siècles plus tard, la demande d'épices, de textiles et de teintures en provenance d'Asie poussa les navigateurs européens à rêver de routes plus courtes entre l'Orient et l'Occident. Agissant pour le compte de la Couronne d'Espagne, le navigateur italien Christophe Colomb prit la mer pour se diriger vers l'ouest en 1492 et débarqua sur l'une des îles Bahamas, dans la mer des Antilles. Pendant les quarante années qui suivirent, les aventuriers espagnols se taillèrent un immense empire en Amérique centrale et en Amérique du Sud.
 
L'époque coloniale

La première colonie anglaise réussie fut fondée à Jamestown, en Virginie, en 1607. Quelques années plus tard, des puritains anglais arrivaient en Amérique pour échapper aux persécutions religieuses dont ils étaient victimes à cause de leur opposition à l'Église d'Angleterre. En 1620, ils fondèrent la colonie de Plymouth, dans l'actuel Massachusetts, qui devenait ainsi la deuxième colonie britannique permanente en Amérique du Nord et la première en Nouvelle-Angleterre.

C'était là que les puritains espéraient bâtir « une cité sur la colline » - une communauté idéale. Depuis lors, les Américains considèrent leur pays comme une magnifique expérience, un modèle pour les autres nations. Les puritains croyaient que le gouvernement devait faire respecter la morale divine et ils punissaient sévèrement les hérétiques, les adultères, les ivrognes et tous ceux qui ne respectaient pas le jour du Seigneur. Malgré leur aspiration à la liberté religieuse, ils exerçaient une forme d'intolérance moralisatrice.

En 1636, un ecclésiastique anglais appelé Roger Williams quitta le Massachusetts pour créer le Rhode Island, une colonie fondée sur le principe de la liberté religieuse et sur la séparation de l'Eglise et de l'État - deux idéaux que devaient plus tard adopter les auteurs de la Constitution américaine. Les colons venaient d'autres pays européens, mais les Anglais étaient de loin les mieux établis. En 1773, ils avaient fondé treize colonies le long de la côte atlantique, du New Hampshire (au nord) à la Géorgie (au sud). Ailleurs, les Français dominaient le Canada et la Louisiane, avec la vallée du Mississippi. Au cours du XVIIIe siècle, la France et l'Angleterre se livrèrent plusieurs guerres dans lesquelles l'Amérique du Nord se trouva entraînée. L'issue de la guerre de Sept ans, en 1763, laissa l'Angleterre maîtresse du Canada et des territoires à l'est du Mississippi.

Peu de temps après, c'est l'Angleterre et ses colonies qui allaient s'affronter. La mère patrie avait établi de nouveaux impôts (en partie pour résorber le coût de la guerre de Sept ans) et attendait que les Américains logent des soldats britanniques. Les colons s'indignèrent de la nouvelle fiscalité et refusèrent d'héberger des soldats. Affirmant qu'ils ne pouvaient être taxés que par leurs propres assemblées coloniales, les colons s'unirent derrière le slogan « pas d'impôt sans représentation ». Toutes les taxes, sauf celle sur le thé, furent abrogées mais, en 1773, des patriotes ripostèrent en organisant la « Boston Tea Party ». Déguisés en Indiens, ils montèrent à bord des navires marchands britanniques et envoyèrent par le fond 342 caisses de thé dans le port de Boston. Cet incident déclencha les foudres du parlement britannique, notamment la fermeture du port de Boston. Les dirigeants des colonies convoquèrent le premier Congrès continental en 1774 pour discuter de l'opposition des colonies à l'autorité royale. La guerre éclata le 19 avril 1775, lorsque des soldats britanniques affrontèrent des colons rebelles à Lexington, dans le Massachusetts.

Le 4 juillet 1776, le Congrès continental adopta la Déclaration d'Indépendance.

Au début, la guerre d'Indépendance fut défavorable aux Américains. Mal approvisionnées, mal entraînées, les troupes des insurgés se battaient généralement bien, mais elles étaient inférieures en nombre et en force aux Britanniques. Le tournant décisif de la guerre survint en 1777, avec la défaite de l'armée britannique à Saratoga, dans l'État de New York.

La France avait secrètement apporté son aide aux révoltés, mais hésitait à s'allier ouvertement avec eux tant que ceux-ci n'auraient pas fait leurs preuves. Après la victoire de Saratoga, la France et l'Amérique signèrent des traités d'alliance et la France fournit aux Américains des troupes et des navires de guerre. La dernière grande bataille de la Révolution américaine eut lieu à Yorktown, en Virginie, en 1781. Une armée composée de troupes américaines et françaises encercla les Britanniques et les contraignit à se rendre. Les combats se poursuivirent dans certaines régions pendant deux ans encore, mais la guerre prit officiellement fin en 1783 avec la signature du traité de Paris par lequel l'Angleterre reconnaissait l'indépendance de l'Amérique.
 
Une nouvelle nation

Pour l'essentiel, la Constitution des États-Unis (voir le chapitre 4) apaisait les craintes des Américains quant aux risques d'abus d'un pouvoir central grâce à la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) et à dix amendements - connus sous le nom de « Déclaration des droits » (Bill of Rights) destinés à sauvegarder les libertés individuelles. Une méfiance persistante envers une concentration excessive des pouvoirs s'est manifestée dans les philosophies politiques divergentes des deux personnalités les plus éminentes de la période révolutionnaire : George Washington et Thomas Jefferson. Le premier, général en chef pendant la guerre et premier président des États-Unis, dirigeait un parti favorable au renforcement de la présidence et du gouvernement central. Le second, principal auteur de la Déclaration d'Indépendance, représentait les partisans d'un accroissement de l'autorité des États fédérés, au motif que la population pourrait plus aisément leur demander des comptes.

Jefferson devint le troisième président des États-Unis en 1801. Malgré son intention de limiter les pouvoirs de la présidence, les réalités politiques en disposèrent autrement. Entre autres actions énergiques, il acheta en 1803 l'immense territoire de la Louisiane à la France, ce qui permit de doubler quasiment la superficie du pays. Ces 2 millions de kilomètres carrés supplémentaires repoussaient les frontières du pays vers l'ouest jusqu'aux montagnes Rocheuses, dans le Colorado.
 
L'esclavage et la guerre de Sécession

Pendant le premier quart du XIXe siècle, la Frontière se déplaça vers l'ouest, jusqu'au Mississippi et au-delà. En 1828, les électeurs américains portèrent pour la première fois à la présidence un « outsider » : Andrew Jackson, issu d'une famille pauvre du Tennessee et étranger aux traditions culturelles de la côte atlantique.

Si, en apparence, l'ère jacksonienne fut une période d'optimisme et d'énergie, la jeune nation restait prisonnière d'une contradiction. Les nobles termes de la Déclaration d'Indépendance, selon laquelle « tous les hommes sont créés égaux », étaient vides de sens pour 1,5 million d'esclaves. (Voir les chapitres 1 et 4.) En 1820, les hommes politiques sudistes et nordistes examinèrent la question de la légalité de l'esclavage dans les territoires de l'Ouest. Le Congrès parvint à un compromis : l'esclavage serait autorisé dans le nouvel État du Missouri et sur le territoire de l'Arkansas mais interdit partout ailleurs à l'ouest et au nord du Missouri. L'issue de la guerre contre le Mexique (1846-1848) accrut les possessions territoriales des Américains et posa à nouveau la question de l'extension de l'esclavage.

En 1850, un autre compromis permit d'admettre la Californie au sein de l'Union en qualité d'État libre et conféra aux citoyens de l'Utah et du Nouveau-Mexique le droit d'autoriser ou non l'esclavage à l'intérieur de leurs frontières (ils refusèrent).

Mais les rancœurs persistaient. Après l'élection à la présidence en 1860 d'Abraham Lincoln, adversaire de l'esclavage, onze États quittèrent l'Union et se proclamèrent membres d'une nouvelle nation indépendante : les États confédérés d'Amérique, lesquels regroupaient la Caroline du Sud, le Mississippi, la Floride, l'Alabama, la Géorgie, la Louisiane, le Texas, la Virginie, l'Arkansas, le Tennessee et la Caroline du Nord. Ainsi éclata la guerre de Sécession. L'armée confédérée l'emporta au début des hostilités et certains de ses commandants, en particulier le général Robert E. Lee, furent de brillants stratèges. Mais l'Union disposait de forces supérieures en hommes et en ressources.

Pendant l'été 1863, Lee joua son va-tout en envoyant ses troupes dans le Nord jusqu'en Pennsylvanie. Il se heurta à l'armée de l'Union à Gettysburg, où eut lieu la plus grande bataille qui ait jamais été livrée sur le sol américain. Au bout de trois jours de combats désespérés, les Confédérés durent s'avouer vaincus. Au même moment, sur le Mississippi, le général nordiste Ulysses S. Grant, prenait la ville de Vicksburg. L'Union contrôlait désormais toute la vallée du Mississippi, coupant en deux la Confédération.

Deux ans plus tard, après une longue campagne où s'affrontèrent les armées commandées par Lee et Grant, les Confédérés capitulèrent. La guerre de Sécession fut l'épisode le plus traumatisant de l'histoire des États-Unis. Mais elle régla deux problèmes qui tourmentaient les Américains depuis 1776. Elle abolit l'esclavage et confirma que le pays ne se composait pas d'États semi-indépendants mais formait une nation, une et indivisible.
 
La fin du XIXe siècle

Abraham Lincoln fut assassiné en 1865, ce qui priva l'Amérique d'un dirigeant exceptionnellement qualifié pour panser les blessures laissées par la guerre de Sécession. Son successeur, Andrew Johnson, était un homme du Sud resté loyal à l'Union pendant le conflit. Les membres nordistes de son parti (le Parti républicain) entamèrent une procédure pour le destituer au motif qu'il montrait trop d'indulgence envers les anciens Confédérés. L'acquittement de Johnson fut une victoire importante du principe de la séparation des pouvoirs : un président ne doit pas être démis de sa charge parce que le Congrès est en désaccord avec sa politique, mais uniquement s'il se rend coupable de « trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs », selon les termes mêmes de la Constitution.

Peu après la guerre de Sécession, les États-Unis devinrent une grande puissance industrielle et d'habiles hommes d'affaires amassèrent des fortunes colossales. Le premier chemin de fer transcontinental fut achevé en 1869. Dès 1900, les États-Unis possédaient un réseau ferroviaire plus important que celui de toute l'Europe réunie. L'industrie pétrolière prospéra et John D. Rockefeller avec sa Standard Oil Company devint l'un des hommes les plus riches d'Amérique. Andrew Carnegie, qui avait débuté comme pauvre immigrant écossais, édifia un vaste empire d'aciéries. Les usines textiles se multiplièrent dans le Sud et les conserveries de viande proliférèrent à Chicago, dans l'Illinois. L'industrie électrique prospéra dès que les Américains commencèrent à se servir de diverses inventions nouvelles : le téléphone, l'ampoule électrique, le phonographe, le moteur à courant alternatif et le transformateur, le cinématographe. À Chicago, l'architecte Louis Sullivan utilisa des structures d'acier dans la construction du gratte-ciel, apport spécifiquement américain au paysage urbain moderne.

Mais l'expansion économique effrénée comportait des dangers. Pour limiter la concurrence, les compagnies de chemins de fer fusionnèrent et imposèrent des tarifs unifiés. Les trusts - gigantesques associations d'entreprises - tentèrent de s'assurer le monopole de certaines industries, tel le secteur pétrolier. Aussi le gouvernement prit-il des mesures pour les neutraliser. Dès 1887, il créa la commission du commerce inter-États afin de garder la maîtrise des tarifs ferroviaires. En 1890, la loi Sherman interdit les trusts, les fusions et les ententes professionnelles tendant à « restreindre le commerce ».

L'industrialisation entraîna l'essor du syndicalisme. L'American Federation of Labor, fondée en 1886, était une coalition de syndicats ouverts aux ouvriers qualifiés. La fin du XIXe siècle fut une période de forte immigration et nombre de travailleurs employés dans les nouvelles industries étaient nés à l'étranger. Pour les agriculteurs américains, les temps étaient difficiles. Les prix des denrées alimentaires chutaient et il leur fallait supporter les coûts élevés du transport de marchandises, des taux d'emprunt hypothécaire abusifs, de lourds impôts et des droits de douane sur les importations de biens de consommation.

Mis à part l'achat de l'Alaska à la Russie en 1867, le territoire américain demeurait figé depuis 1848. Dans les années 1890, un nouvel esprit d'expansion s'imposa. Les États-Unis suivirent l'exemple des nations de l'Europe du Nord qui revendiquaient le devoir de « civiliser » les populations d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. Après la publication, dans la presse américaine, d'articles terrifiants sur les atrocités commises dans la colonie espagnole de Cuba, les États-Unis et l'Espagne entrèrent en conflit (1898). À la fin de la guerre, les États-Unis s'emparaient des possessions espagnoles : Cuba, les Philippines, Porto-Rico et Guam. Dans un tout autre contexte, ils acquirent aussi les îles Hawaii.

Pourtant les Américains, qui avaient eux-mêmes secoué les chaînes d'un empire, éprouvaient un certain malaise à l'idée d'en administrer un. En 1902, les troupes américaines quittèrent Cuba, mais la nouvelle république fut contrainte de céder des bases navales aux États-Unis. Les Philippines obtinrent une autonomie partielle en 1907 et leur totale indépendance en 1946. Porto-Rico devint un État libre associé aux États-Unis et Hawaii prit le rang d'État en 1959 (comme l'Alaska).
 
Le mouvement progressiste

Tout en s'aventurant hors de chez eux, les Américains jetaient un regard neuf sur leurs propres problèmes sociaux. Malgré les signes de prospérité, la moitié de la main-d'œuvre industrielle vivait encore dans la pauvreté.

New York, Boston, Chicago et San Francisco pouvaient certes s'enorgueillir de leurs musées, de leurs universités et de leurs bibliothèques publiques, mais leurs taudis les déshonoraient. La doctrine économique dominante avait été celle du laissez-faire. Vers 1900, le Mouvement progressiste entreprit donc d'améliorer la société et l'existence matérielle des individus par l'action gouvernementale. Ses partisans étaient principalement des économistes, des sociologues, des techniciens et des fonctionnaires soucieux de trouver des solutions scientifiques, à moindre frais, aux problèmes politiques.

Des travailleurs sociaux créèrent dans les quartiers défavorisés des centres de soins et de loisirs. Les partisans de la prohibition réclamèrent l'interdiction de la vente d'alcool, en partie pour éviter les mauvais traitements que les maris alcooliques infligeaient à leurs épouses et à leurs enfants. Dans les villes, les réformateurs luttaient contre la corruption, réglementaient les transports urbains et créaient des services publics municipaux. Les États adoptèrent des lois en vue de limiter l'exploitation des enfants, de réduire la durée du temps de travail et d'indemniser les victimes d'accidents.

Certains Américains adhéraient à des idéologies plus radicales. Le Parti socialiste, dirigé par Eugene V. Debs, prônait une transition pacifique et démocratique vers une économie placée sous le contrôle de l'État. Mais le socialisme n'a jamais bénéficié d'une base solide aux États-Unis et le meilleur résultat obtenu par le parti au cours d'une élection présidentielle fut de 6 % en 1912.
 
La guerre et la paix

Quand éclata la Première Guerre mondiale en Europe, en 1914, le président Woodrow Wilson préconisa une politique de stricte neutralité. L'Allemagne, en déclarant qu'elle pratiquerait une guerre sous-marine à outrance contre les navires en route vers des ports alliés, eut raison de cette attitude. Lorsque le Congrès déclara la guerre à l'Allemagne en 1917, l'armée américaine ne comptait que quelque 200.000 soldats. Une année s'écoula avant que l'armée américaine fût prête à apporter une contribution significative à l'effort de guerre.

À l'automne 1918, la situation de l'Allemagne était désespérée. Ses armées battaient en retraite face à l'implacable puissance des Américains. En octobre, Berlin demanda la paix et un armistice fut conclu le 11 novembre. En 1919, Wilson se rendit à Versailles pour participer à la rédaction du traité de paix. S'il reçut un accueil triomphal dans les capitales alliées, ses initiatives internationales furent moins populaires dans son pays. Il parvint à faire figurer dans le traité de Versailles l'idée d'une Société des Nations, mais le Sénat américain n'en ratifia pas le texte et les États-Unis n'adhérèrent pas à cette institution internationale.

Tandis que les États-Unis se retiraient des affaires européennes, les Américains cédaient à la xénophobie. En 1919, une série d'attentats terroristes engendrèrent une « peur du péril rouge ». Sous l'autorité de l'Attorney General (ministre de la Justice) A. Mitchell Palmer, des centaines d'extrémistes politiques d'origine étrangère furent expulsés, bien que la plupart fussent innocents. En 1921, deux anarchistes nés en Italie, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, furent accusés de meurtre sur la base de preuves douteuses. Malgré les protestations des intellectuels, les deux hommes furent électrocutés en 1927. Le Congrès avait voté des lois limitant l'immigration dès 1921 et les renforça encore en 1924 et 1929. Ces restrictions favorisaient les immigrants d'origine anglo-saxonne et nordique.

Les années vingt furent une période où l'hédonisme coexista avec le conservatisme puritain. Ce fut l'époque de la prohibition. En 1920, un amendement à la Constitution interdit la vente des boissons alcoolisées. Mais les amateurs d'alcool bafouaient à cœur joie la loi dans des milliers de speakeasies (bars clandestins) et le commerce illicite de l'alcool fit la fortune des gangsters. Les « années folles » furent aussi l'âge d'or du jazz et du cinéma muet. Ce fut également l'époque où le Ku Klux Klan - organisation raciste née dans le Sud après la guerre de Sécession - recruta beaucoup de nouveaux membres et s'appliqua à terroriser les Noirs, les catholiques, les juifs et les immigrants. Au même moment pourtant, un catholique, le gouverneur de New York Alfred E. Smith, fut le candidat démocrate à l'élection présidentielle.

Dans les milieux d'affaires, les années vingt furent un âge d'or. Les États-Unis étaient devenus une société de consommation, avec des marchés en plein essor pour les radios, les appareils électroménagers, les tissus synthétiques et les matières plastiques. L'un des hommes les plus admirés de la décennie fut Henry Ford, père de la chaîne de montage dans les usines d'automobiles. Ford parvenait à payer des salaires élevés tout en réalisant d'énormes bénéfices grâce à la production en série de son modèle T, une voiture dont le prix était à la portée de millions d'acheteurs.

Mais cette prospérité de façade masquait des problèmes profonds. Étant donné que les profits ne cessaient d'augmenter et que les taux d'intérêt restaient assez bas, il y avait beaucoup d'argent disponible pour les investissements. Cependant, une grande partie de ces capitaux fut gaspillée dans une spéculation effrénée à la Bourse. Des surenchères frénétiques poussèrent à la hausse la cote des actions bien au-delà de leur valeur réelle. Les investisseurs achetaient des titres à crédit, empruntant jusqu'à 90 % du prix d'achat. L'abcès creva en 1929. Le marché financier s'effondra déclenchant une crise mondiale.
 
La crise de 1929

En 1932, des milliers de banques américaines et plus de 100.000 entreprises étaient en faillite. La production industrielle avait diminué de moitié, les salaires avaient baissé de 60 % et un travailleur sur quatre se trouvait au chômage. Cette année-là, Franklin D. Roosevelt fut élu président sur la base d'un programme appelé New Deal, parce qu'il proposait une « nouvelle donne ».

L'assurance enjouée de Roosevelt galvanisa la nation. « Nous n'avons à craindre que la peur elle-même », déclara-t-il dans son discours d'investiture. Il joignit bientôt le geste à la parole. Au cours des fameux « cent jours », Roosevelt fit adopter au Congrès un grand nombre de lois visant à favoriser la reprise économique. Plus tard, la loi sur la Sécurité sociale institua un régime de retraites pour les personnes âgées et leurs conjoints survivants.

Toutefois, le New Deal ne mit pas fin à la crise. Même si la conjoncture s'améliora, la reprise ne se produisit qu'après le réarmement qui précéda l'entrée de l'Amérique dans la Seconde Guerre mondiale.
 
La Seconde Guerre mondiale

La neutralité fut à nouveau la première réaction des États-Unis lorsque la guerre éclata en Europe en 1939. Mais le bombardement de la base navale de Pearl Harbor, à Hawaii, par les Japonais en décembre 1941, entraîna le pays dans la guerre, d'abord contre le Japon puis contre ses alliés, l'Allemagne et l'Italie.

Les états-majors américain, britannique et soviétique convinrent de se consacrer d'abord à la défaite de l'Allemagne. Des forces britanniques et américaines débarquèrent en Afrique du Nord en novembre 1942, puis envahirent la Sicile et l'Italie en 1943 et libérèrent Rome le 4 juin 1944. Deux jours plus tard, les troupes alliées débarquaient en Normandie. Paris fut libéré le 25 août et, dès le mois de septembre, des unités américaines traversaient la frontière allemande. Les Allemands capitulèrent finalement le 5 mai 1945.

La guerre contre le Japon reçut un coup d'arrêt brutal en août 1945, lorsque le président Harry Truman donna l'ordre de lâcher des bombes atomiques sur les villes d'Hiroshima et de Nagasaki. Près de 200.000 civils périrent. La question suscite encore de vives polémiques, mais le principal argument en faveur de la bombe A était que les pertes auraient été plus élevées dans les deux camps si les Alliés avaient dû envahir le Japon.
 
La guerre froide

L'Organisation des Nations Unies fut créée après la guerre et, cette fois, les États-Unis y adhérèrent. Des tensions ne tardèrent pas à survenir entre l'Amérique et l'Union soviétique. Certes, Staline avait promis de favoriser des élections libres dans les territoires européens libérés, mais les forces soviétiques imposèrent des dictatures communistes en Europe de l'Est. L'Allemagne devint un pays divisé, avec une zone occidentale placée sous l'autorité des forces d'occupation britanniques, françaises et américaines, et une zone orientale occupée par les Soviétiques. Au printemps 1948, ces derniers imposèrent un blocus à Berlin-Ouest pour tenter d'obliger la population affamée et isolée à se soumettre. Les puissances occidentales réagirent par la mise en place d'un pont aérien imposant pour approvisionner la ville en vivres et en carburant jusqu'à ce que les Soviétiques lèvent le blocus en mai 1949. Un mois plus tôt, les États-Unis s'étaient alliés à la Belgique, au Canada, au Danemark, à la France, à l'Islande, à l'Italie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, à la Norvège, au Portugal et au Royaume-Uni pour former l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

Le 25 juin 1950, équipée d'armes soviétiques, l'armée nord-coréenne envahit la Corée du Sud avec l'approbation de Staline. Truman obtint aussitôt de l'ONU qu'elle s'engage à défendre la victime de l'agression. Après trois ans de guerre, la Corée resta divisée. L'emprise soviétique sur l'Europe de l'Est, la guerre de Corée ainsi que la fabrication d'armes atomiques et de bombes à hydrogène par l'URSS suscitèrent la crainte chez les Américains. Certains purent croire que cette nouvelle menace était l'œuvre de traîtres de l'intérieur. Au début des années 1950, le sénateur républicain Joseph McCarthy affirma que le département d'État et l'armée des États-Unis grouillaient de communistes. Il finit par y perdre son crédit, mais ses initiatives avaient ruiné bien des carrières et le peuple américain avait failli perdre de vue une de ses vertus cardinales : la tolérance envers l'opposition politique.

De 1945 à 1970, les États-Unis connurent une longue période de croissance économique, interrompue par des récessions courtes et modérées. Pour la première fois, la majorité des Américains jouissaient d'un niveau de vie confortable. En 1960, 55 % des ménages possédaient un lave-linge, 77 % une voiture, 90 % un téléviseur et presque tous un réfrigérateur. Simultanément, la nation progressait lentement sur la voie de l'équité raciale.

En 1960, John Kennedy fut élu président. Jeune, énergique et séduisant, il promit de « remettre le pays sur les rails » après les huit années de présidence de l'ancien général Dwight D. Eisenhower. En octobre 1962, Kennedy dut affronter la crise la plus grave de la guerre froide. L'URSS avait été surprise en train d'installer à Cuba des missiles nucléaires capables d'atteindre des villes américaines en quelques minutes. Kennedy imposa un blocus naval à l'île. Le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev finit par accepter de retirer les missiles contre la promesse américaine de ne pas envahir Cuba.

En avril 1961, les Soviétiques couronnaient une série de succès dans l'espace en envoyant pour la première fois un homme sur orbite autour de la Terre. Kennedy réagit en promettant que les Américains enverraient un homme sur la Lune avant la fin de la décennie. Cette promesse fut tenue en juillet 1969, lorsque l'astronaute Neil Armstrong sortit du vaisseau spatial Apollo 11 pour fouler le sol lunaire.

Assassiné en 1963, Kennedy n'assista pas à ce triomphe. Même s'il ne faisait pas l'unanimité, sa mort fut un terrible choc pour le peuple américain. Son successeur, Lyndon Johnson, réussit à faire adopter par le Congrès plusieurs lois instaurant des programmes sociaux pour lutter contre la pauvreté.

Pendant les six années qu'il passa à la Maison-Blanche, l'un des soucis majeurs de Johnson fut la guerre du Vietnam. En 1968, 500.000 Américains combattaient dans ce petit pays. Si les hommes politiques semblaient considérer ce conflit comme un mal nécessaire pour contenir le communisme sur tous les fronts, un nombre croissant d'Américains ne voyaient aucun enjeu dans le drame vietnamien. Des manifestations contre la participation américaine à cette guerre éclatèrent sur les campus universitaires et de violents affrontements opposèrent les étudiants à la police.

Victime d'une impopularité croissante, Johnson renonça à solliciter un second mandat et Richard Nixon fut élu président en 1968. Il mena une politique de « vietnamisation », remplaçant peu à peu les soldats américains par des Vietnamiens. En 1973, il signa un traité de paix avec le Vietnam du Nord et rapatria les soldats américains. Nixon accomplit deux autres prouesses diplomatiques : le rétablissement des relations entre les États-Unis et la République populaire de Chine, puis la négociation du premier traité sur la limitation des armements stratégiques conclu avec l'URSS. En 1972, il obtint aisément sa réélection.

Pourtant, au cours de la campagne présidentielle, cinq hommes avaient été arrêtés pour avoir pénétré par effraction dans le quartier général du Parti démocrate situé dans l'immeuble du Watergate à Washington. Des journalistes, enquêtant sur cet incident, découvrirent que les cambrioleurs avaient été employés par le comité de réélection de Nixon. La Maison-Blanche aggrava les choses en cherchant à dissimuler son implication dans l'affaire. Bientôt, des enregistrements effectués par le Président lui-même prouvèrent ses efforts pour étouffer le scandale. Au cours de l'été 1974, il ne fit plus de doute que le Congrès allait le mettre en accusation et le condamner. Le 9 août, Richard Nixon démissionna, fait unique dans l'histoire de la présidence des États-Unis.
 
Les décennies du changement

Après la Seconde Guerre mondiale, la présidence fut assumée alternativement par des démocrates et des républicains, mais les démocrates restèrent en général majoritaires au Congrès, tant à la Chambre des représentants qu'au Sénat. En 1980, après vingt-six années consécutives de domination démocrate, les républicains remportèrent la majorité des sièges au Sénat tandis que le candidat républicain, Ronald Reagan, était élu président.

Quelle que fût leur attitude envers la politique de Reagan, la plupart des Américains lui reconnaissaient le don de leur rendre leur fierté nationale et la confiance dans l'avenir. S'il y eut une ligne directrice dans sa politique intérieure, ce fut que le gouvernement fédéral avait pris trop d'ampleur et que les impôts fédéraux étaient trop élevés.

En 1983, malgré une augmentation constante du déficit budgétaire, l'économie américaine entra dans l'une des plus longues périodes de croissance depuis la Seconde Guerre mondiale. La question la plus grave de l'heure tenait aux révélations selon lesquelles les États-Unis avaient secrètement vendu des armes à l'Iran pour tenter de faire libérer les otages américains détenus au Liban et pour financer des forces antigouvernementales au Nicaragua, alors que le Congrès avait interdit ce genre d'initiative. Malgré le scandale, Reagan continua à bénéficier d'une forte popularité durant son second mandat.

Son successeur, le candidat républicain George Bush, élu en 1988, engrangea la popularité de Reagan et continua d'appliquer en grande partie sa politique. Lorsque l'Irak envahit le Koweït en 1990, Bush réussit à mettre sur pied une coalition multinationale qui libéra le territoire occupé au début de 1991.

En 1992, cependant, l'électorat américain manifesta encore une fois des signes d'impatience. Les électeurs portèrent à la Maison-Blanche le démocrate Bill Clinton, et le réélirent en 1996. Pendant la décennie, plusieurs débats sempiternels reprirent, entre les tenants d'un renforcement du gouvernement fédéral et les adeptes d'une décentralisation du pouvoir, entre les champions de la prière à l'école et les défenseurs de la séparation entre l'Eglise et l'État, entre les partisans de sanctions rapides et sûres à l'encontre des délinquants et ceux qui cherchent à traiter les causes sous-jacentes de la criminalité. Le mécontentement provoqué par le rôle de l'argent dans les campagnes politiques aboutit à l'adoption en 2002 d'une loi interdisant certaines formes de contribution. Immédiatement contestée devant les tribunaux fédéraux, cette loi n'en pourrait pas moins avoir un effet profond sur le mode de financement des campagnes électorales.

M. George Bush, républicain, le fils de l'ancien président Bush, fut élu président en 2000. M. Bush accédait à la présidence en une période de prospérité économique et de paix internationale, mais ce calme éclata en morceaux le 11 septembre 2001. Dans le cadre d'une attaque bien coordonnée, des terroristes détournèrent quatre avions de ligne américains et les écrasèrent en différents lieux : les tours jumelles du World Trade Center à New York, le Pentagone, siège de la défense à Washington, tandis qu'un avion tombait dans un champ en Pennsylvanie rurale. Plus de 3.000 personnes périrent dans ces attentats.

Bouleversés par ces attaques, les Américains se rallièrent autour du président qui s'engageait à traduire les terroristes en justice, à débarrasser le monde du terrorisme et à travailler en faveur de la paix et de la justice sur toute la terre. « La cause de notre pays a toujours dépassé la seule défense de la nation », a déclaré le président Bush. « Nous lutterons, comme nous l'avons toujours fait, pour une paix juste - une paix qui favorise la liberté humaine. Nous défendrons cette paix contre toute menace venant d'un terroriste ou d'un tyran. Nous maintiendrons la paix grâce à l'établissement d'un solide réseau de bonnes relations entre les grandes puissances. Et nous étendrons la paix en encourageant l'essor de sociétés libres et ouvertes sur tous les continents. »

 

 
    
 
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